Témoignages d’anciens

Frédéric Weiler (promotion 2010-2011)

J’aimerais témoigner, en tant que membre de l’association, de mon expérience des archives.

Premières expériences et master 2 « archives »
Stages et premières expériences.
Initialement, je me destinais au professorat. Les concours et les expériences dans le milieu de l’enseignement m’ont un temps retenu. Ainsi que des stages assez orientés « patrimoine culturel » (AD 75, AD 94, SHD), qui me familiarisaient avec un vocabulaire technique et des procédures bien réglementées.

En 2007, pendant cinq mois, j’ai effectué un stage aux archives historiques de Crédit agricole. J’ai pu élargir mon panorama du métier d’archiviste : récolement, collecte, reconditionnement de dossiers dans le dépôt LCL de Bayeux, rédaction d’un instrument de recherche sur des prêts aux coopératives agricoles…

2010-2011 : l’année du master 2 « archives ».
Des rencontres et des occasions se présentèrent, et me poussèrent à obtenir un diplôme en archives.

Cette année fut enrichissante à plus d’un titre : modules sur le classement ou sur le logiciel Dreamweaver, investigations de longue haleine… J’ai eu matière à profiter de tout cela. Sans compter des souvenirs liés au voyage de la promotion (février 2011 à Lille).

Je rejoignais l’équipe des Archives régionales d’Ile-de-France pour le stage en entreprise : j’ai réalisé un instrument de recherche concernant à une association. Je me chargeais de concevoir une plaquette de communication destinée aux services.

Un métier méconnu.
Un transmetteur de savoir et d’informations.
Où s’arrête le rôle de l’archiviste ? Il n’est pas chargé d’écrire l’histoire, mais il est un peu historien. Je me souviens qu’un ancien responsable de stage aux Archives départementales m’avait confié : « On transmet le savoir et la culture, d’une certaine façon ». Cela se vérifie dans les services d’archives départementales et communales, pour les ateliers pédagogiques, et d’une manière générale avec les communications de documents.

Opérer en autonomie : questions et tentatives de réponses.
L’environnement de travail diffère d’un poste à l’autre : on peut très bien être accompagné et travailler en équipe, ou à l’inverse travailler seul. Comment expliquer cela ? Premier élément de réponse : le secret professionnel. Les informations doivent rester confidentielles. Deuxième facteur d’explication : la valeur du terrain. Le choix d’implantation des Archives nationales à Pierrefitte peut s’expliquer notamment par un coût du foncier devenu exorbitant en centre-ville.

Rejoindre l’Histoire.
Aux Archives de Paris, en 2012-2013, j’ai été chargé d’inventorier un fonds d’archives du Crédit municipal : je me souviens d’avoir retrouvé un drapeau rouge de la Commune, qui avait été hissé en 1871 sur la façade de l’antenne que possédait le Crédit municipal rue Bonaparte : les troupes versaillaises, lors de la réoccupation des lieux, avaient détaché cette « cravate1 ».

« Archives en musée » : les perspectives d’évolution du métier.
J’ai rempli différentes missions au Musée Carnavalet (octobre 2013-février 2014). Dans un contexte de prise de fonction de la future directrice du Musée, j’étais chargé de trier, d’éliminer, et de ventiler2 certaines archives de la Direction et du Secrétariat. C’étaient des documents d’âge intermédiaire et définitif.

J’ai eu beaucoup de plaisir à m’investir dans l’archivage et le classement des différents documents qui y étaient conservés. A l’instar d’Aurore qui existe pour les archives d’université, la section « Archives en musée » trouve toute sa raison d’être pour des lieux comme le Musée Carnavalet.

Judiciarisation de la société.
Il y a vingt ans maintenant, la télévision diffusait la série X-Files. Mulder et Scully, tandem de choc du FBI, étaient emblématiques d’un besoin de la société civile de « sortir des sentiers battus », de chercher la preuve, afin de se prémunir contre les atteintes à la vie privée. C’est la judiciarisation de la société qui se révèle. L’archiviste a son rôle à jouer à l’heure des pertes de données et des réclamations des ayant-droits.

1. Terme trouvé pour désigner ce foulard rouge, écrit sur un petit carton, à la plume d’oie. Le foulard-drapeau était conservé dans une enveloppe.
2. Organiser le transfert physique.


Olivier Chevenier (promotion 2013-2014)

La démarche d’expliquer son parcours est un exercice de synthèse. Etudiant en Histoire à la faculté de Saint-Quentin, rien de surprenant donc à me retrouver aujourd’hui archiviste. Par intérêt pour le patrimoine ? Par intérêt tout court ? Peut-être les deux ? Toujours est-il qu’on tente toujours d’appliquer un cheminement logique à son parcours après coup. D’où altération, ou simplement oubli, de la réalité à laquelle chacun fut confronté lorsque vint le moment de faire des choix. Pour ma part, cette période décisive des choix professionnels est encore très récente. Je pense donc vous livrer un témoignage le plus proche des réalités qui ont guidés mes choix vers cette profession, mais également vous montrer dans quelle mesure mes perceptions ont évolué avec ma pratique du métier :

1/ L’attrait pour un secteur porteur de traditions et d’innovations : ces deux termes forts ne s’opposent pas dans notre profession. Ils se complètent en offrant la possibilité de choisir l’un ou l’autre pour son propre parcours, ou bien de les entremêler en jouant de l’innovation comme un moyen de perpétuer la tradition de l’archivage. Mais à l’heure du début de carrière, il convient de ne pas oublier qu’avant d’innover, il faut maîtriser la tradition. La vie étudiante m’avait emballé, la vie professionnelle m’a rappelée à l’ordre. Mais notre secteur est ouvert au dialogue et je pense qu’il est possible d’apporter sa contribution si on le souhaite.

2/ L’attrait pour un secteur qui recrute : il existe un adage courant qui veut qu’à l’heure de la crise, mieux vaut trouver un maigre ouvrage que rien du tout. Or, il se trouve que l’archivage est un secteur alimenté par un réseau très soudé lorsqu’il s’agit de recruter des débutants On trouve facilement du travail en début de carrière, certainement plus facilement que la plupart des autres actifs au même niveau. Mais jusqu’à quel point cet adage est-il pertinent ? Je me pose actuellement la question tout en considérant que c’est en forgeant qu’on devient forgeron (encore un adage). Sur ce point, je dois reconnaître que je n’ai pas à me plaindre et que j’arrive à réaliser mes premiers objectifs.

3/ L’attrait pour un secteur qui inspire des valeurs raisonnables : pratiquer l’archivage, c’est travailler à constituer la mémoire collective de la société dans laquelle on vit. C’est travailler avec des gens cultivés, instruits intéressants, investis, consciencieux. C’est côtoyer de nombreux profils ou métiers et ainsi connaître les moindres ficelles de chaque institution dans laquelle on intervient. Cela, je l’avais déjà compris à l’heure de mes choix d’étudiant, je ne le regrette pas à l’heure où je pratique mon métier.


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